Une rédac de français toute fraîche. Le sujet : un mythe moderne. M'demandez pas c'que ça veut dire j'ai pas totalement pané non plus, alors voilà :Du massacre de Columbine aux émeutes de 2005 en passant par la « haine anti-flic et gendarme » et bientôt le conflit au Tibet et la pénurie alimentaire à Haïti, il n'y a qu'un seul responsable, du moins c'est celui que l'on nous impose : le rap. Le rap, cette musique dangereuse qui fait de tous nos enfants des machines de guerre sanguinaires et des gangsters psycho-névropathes tueurs en série, collectionneurs d'armes à feu et apprentis proxénètes ; passons les tueurs de policiers, émeutiers, voleurs de voitures, braqueurs de boulangeries et cambrioleurs multirécidivistes. Pour résumé, « rap » est associé à « criminalité », et ceux dans n'importe quel dictionnaire des synonymes appartenant aux rédacteurs des différents journaux télévisés, TF1, France Télévision, inutile de réciter la grille des programmes.
Je parle bien sûr ici des rares fois où cette « musique de sauvage » arrive à s'introduire, illégitimement diront certains, dans les fiches de Patrick Poivre D'Arvor et Claire Chasal. L'assassinat du plus grand rappeur de l'histoire (opinion partagée par toute la communauté du rap), Tupac Amaru Shakur, sera ainsi oublié alors que l'électrocution de Claude François sera gratifiée chaque année de 384 documentaires, docu-fictions et autres assemblages de témoignages de ses proches, de ses fans ou encore des vaches de monsieur Dupont, éleveur dans le Limousin, à qui il repasse en boucle « cette année là » pour les déstresser et obtenir un meilleur lait. Moralité, lorsque l'ont fait de la musique, mieux vaut être armé d'un sèche-cheveux que d'un Brolic pour passer au 20 heure.
Les rappeurs d'aujourd'hui sont en fait les poètes d'hier, rejeté, caché, et censuré. C'est ainsi qu'ils créent des emplois. Oui, que serait la censure sans le rap ? Juste quelques chômeurs de plus à l'ANPE. Louis XIV avait la Bastille, les dirigeants d'aujourd'hui le tribunal, qui fait toujours preuve d'intelligence et de logique dans ces actions. On retiendra l'exemple du rappeur américain 50 Cent, dont le titre de sa chanson « I'll still kill », « je tuerai encore » pour les moins anglophone d'entre nous, est changé en « I'll still will » (ne chercher pas de rapport avec le titre originel) pendant que les ébats amoureux de Britney Spears dans une tenue tout ce qu'il y a de plus provocateur défilent sur les ondes. Calculez le nombre de gangsters meurtriers puis le nombre de jeunes filles de dix-huit ans possédant l'expérience sexuelle de leur grand-mère. Voyez-vous où je veux en venir ?
Ce même rappeur (il est très virulent celui là, non ?) ainsi que d'autres, proches de lui, est ensuite poursuivi par un jeune New Yorkais après cette fait agressé par trois « gangstas ». Selon lui, M. Curtis « 50 Cent » Jackson et d'autres membres de son label « inciteraient à mener une vie de gangster ». Au passage, vous remarquerez que ce mot revient souvent. On peut retrouver dans le contexte de cette affaire, quelques similitudes avec celle d'un mari qui avait attaqué la firme Marlboro parce que sa femme était morte de la cigarette. Rap et cigarette, même combat ? En tout cas, tous deux sont présents chez une population de plus en plus jeune et on a beau essayer de l'arrêter, rien n'y fait. Cela dit, le rap est-il, comme on nous le fait penser, aussi meurtrier que la cigarette ?
Haineux, oui, mais pas meurtrier. Des gamins qui passent leur enfance sur un terrain de football crasseux et rentrent chez eux tous les soirs en baissant la tête devant les grands occupés à dealer, il serait très étonnant de les voir rapper sur Bouba l'ourson tentant d'échapper à un essaim d'abeille après leur avoir volé leur miel. Alors ça devient Booba, le rappeur du 92, « le bitume avec une plume », tentant d'échapper à un car de CRS après avoir volé une Mercedes. Vous me direz « mais c'est de la provocation ! ». Quel autre moyen ont-ils de se faire entendre si ce n'est la provocation ? Et provocation, chez certains rappeurs et non pas tous, rime avec violence, une violence rarement gratuite.